Le poeme de Lorenzaccio

 


 

Bonjour les ami.e.s du Poeme de Lorenzaccio,

dernières Mises à jour et Nouveautés le: Jeudi 10 décembre 2020

📖 = recueil achevé / édité

📚 = recueil achevé / inédit

🚧 = recueil en construction

Très bonne lecture ! ;-)

 


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Neurochirurgien, humaniste social, défenseur de la Santé publique et militant contre les armes sublétales né à Arras, et ayant vécu en Provence, à l’île de la Réunion, dans le Nord-pas-de-Calais et enfin dans le Doubs. Après avoir effectué ses études de Médecine à Marseille, il a rejoint Lille pour poursuivre une formation neurochirurgicale. Il a été nommé professeur des universités en 2015 à Besançon, à l’âge de 41 ans. Il écrit des poèmes depuis le collège.

Poète - Celui qui écrit est souvent un autre, différent de ce qu’il donne à voir ou de ce qu’il est réellement. Et j’ai toujours été cet autre que mes contemporains croyaient pourtant connaître au travers de l’enfant puis de l’étudiant studieux, aimant passionnément la musique, la peinture, la nature puis la médecine et la neurochirurgie… J’ai toujours été cette marginalité encoquillée de normalité, restant, malgré les épisodes de la vie, fidèle à cet enfant doux, sensible, anxieux et rêveur que les autres ne voyaient pas: di-fférent. Ainsi, j’ai commencé à écrire mes premiers poèmes à 11 ans…

J’écris de la poésie pendant mes nuits d’insomnies. Mes poèmes, sont un peu profus et éclectiques, fruit de ma production cérébrale anarchique, privilégiant autant que faire se peut, la force des émotions à la forme… 

Je n’appartiens à aucun courant littéraire et je m’adonne à une poésie libre mêlant tantôt romantisme et gothisme surannés, tantôt observation et contemplation hébétée et parfois… une pointe d’humour  (car tout cela n’est pas sérieux) ou de politique (car lire, écrire, vivre la poésie est déjà en soi un acte politique fort).

 


 

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Ceci n’est pas un recueil.

 

Ceci est 

un cocktail de rêves Molotov,

un pavé jeté au milieu d’y-en-a-marre,

un poème de désencerclement,

un soleil au rond-point de notre nuit.

 

Il tient dans la main, 

il tient dans la poche, 

il tient dans nos cœurs.

 

Passez le de main en main, 

passez le sous le manteau, 

passez le par les armes s’il le faut.

 

Manipuler avec précautions – Objet explosif  💥

Se munir d’un extincteur – Objet inflammable 🔥

A porter avec conscience – Objet politique 🍒

 

NB : Seulement 400 ex. sur le marché noir de nos insomnies aux éditions Le Temps des cerises

 


 

Ce recueil est un livre solidaire : les droits d’auteur seront reversés intégralement au Collectif les Mutilés pour l’Exemple.

12 € (frais de port compris) à commander 

 

soit par courrier au : Merle moqueur - 38, rue des Sept-Arpents - 93500 Pantin (avec votre règlement par chèque)

soit par le site du Temps des cerises : https://www.letempsdescerises.net/?product=feu

 

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La Garde de Nuit (Réparer les soignants) chez Z4éditions 2020

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Un achèvement pour moi de pouvoir partager avec la communauté mon dernier ouvrage paru chez Z4éditions - La Garde de Nuit (Réparer les soignants)

Récit qui fut dur à vivre et aussi à écrire…vous comprendrez si vous le lisez. Ironie qu’il sorte dans une période assez glauque, où nous soignants sommes au front du Covid19 qui met aussi en perspective nos difficultés quotidiennes d'Hospitaliers.

Page de l’éditeur: https://z4editions.fr/publication/la-garde-de-nuit-reparer-les-soignants/

IMPORTANT: @Z4éditions offre les frais de ports pendant la période de confinement sur ce lien: https://www.paypal.com/cgi-bin/webscr?cmd=_s-xclick&hosted_button_id=XRDHJL95ZJJZ8

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Un nouveau recueil à lire et à partager:

"La Vierge au Loup". Récit d'un psychopathe, de Laurent Thinès

Qu'attendez vous pour découvrir le "Psychose" de la poésie?

Un Thriller d’un nouveau genre…à moins que ce ne soit un nouveau genre de Recueil poétique …

Les premiers chapitres (enfin poèmes) sont disponibles sur le site aethalides.com

En commande dans vos librairies ou sur aethalides.com 
https://www.aethalides.com/fb5-la-vierge-au-loup/

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Cubes Poétiques (Lignes de vie) Editions L’harmattan (2019)

Cher.e.s ami.e.s,

Vous pourrez vous procurer mon premier recueil Cubes Poétiques (Lignes de vie) publié aux Editions L’harmattan (2019) en suivant le lien suivant: 

CUBES POÉTIQUES Lignes de vie    (page de l'éditeur L'harmattan)

N'oubliez pas d'écouter les musiques avec les poèmes pour profiter au mieux de l'expérience !

Bon voyage poétique.


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05 avril 2021

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La portabilité
qu’une étoile fuyante
et un volcan en érection
se froissent
était intime et pourtant
ils l'offrirent

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21 mars 2021

Le Soleil et la Lune

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L’orbe du soleil à la lune rythme la vie

au-dessus de Pré cheyenne

 

Grand-Esprit-de-Feu renaît chaque jour à l’Est

au creusé blanc horizontal 

des rêves

 

Il grimpe matin dans le ciel du Sud

culmine dans le bleu

puis chauffe au fer rouge la plaine

et tout ce qu’elle a de chlorophylle et de sève

de peaux, de poils et de plumes

de pattes et de carapaces

de luisance et de transparence

d’âmes rampantes, ondulantes, volantes, suffocantes

 

A la fin du jour, la grande boule de feu épouse la colline 

dans le jaune poudroiement de l’Ouest

cardinal de toutes les migrations

de tous les eldorados

et de tous nos massacres

 

A l’antipode de l’arche funèbre du Nord

Déesse-cendrée, guérisseuse de nos nuits

se lève et dépose sa paume de fraîcheur

sur le front encore brûlant 

du pré enfin assoupi

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14 décembre 2020

Bleu sang

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(l’opération d’un petit cascadeur)

Flot de sang bleu en nappe - COMPRENDRE 
Aucune visibilité - VOIR - NE PAS VOIR 
Coeur qui palpite 
mains qui tremblent 
voix qui montent - AGIR 
Gaze hémostatique 
compresse - TAMPONNER 
fils porte-aiguille tractions pinces - FAIRE CONTREPRESSION 
et espérer 

Plus de tension 
plus de saturation 
la blancheur de la mort qui emplit tout 

le corps et les esprits - SE REPRENDRE 
Faire front 
Piquer 
Perfuser 
Remplir 
Pousser - DU SANG 
du sang VITE 
pour conjurer le sort 
du sang encore et encore 
pour que renaisse l’âme du blessé 
des minutes sans fin 

De l’autre côté du champ - REGARDER 
au ralenti 
le ballet 
bras
têtes 
angoisses 
poches 
tubulures 

Et moi comprimer aspirer - POMPER et RECYCLER 
le sang encore 
calmer l'hémorragie - DOMPTER le sang 
gagner du temps - DU TEMPS 

encore un peu de temps 

par pitié tout sauf la mort

- IMPLORER 

 

C’est le cœur qui revient en premier 

doucement au début 

comme le bip-bip des oiseaux dans le feuillage 

la tension qui refleurit 

comme un printemps timide après l’hibernation des corps 

 

C’est la peau de rose 

qui rosit 

sous le soleil des scialitiques 

et la vie - LA VIE

 

Et un espoir fou 

qui inonde nos coeurs 

comme le sang inonde la vie 

Parachever 

Riveter 

Drainer 

Suturer 

Laver 

Panser 

Bercer 

Réanimer 

 

Et au petit matin 

venir cueillir la fleur de la vie sauvée 

de la nuit

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13 décembre 2020

Sale nègre

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A Michel

 

Ici t’as pas compris qu’on est chez nous

dans les rues du XVIIème

alors laisse pas traîner ta carcasse

ni ta gueule de bois d’ébène

 

Nous, on rôde dans les rues

dès que la nuit est venue

On tue le temps comme on peut

On cherche juste une aubaine

 

Et toi t’es là 

T’es grand t’es noir

Tu fais ta poufiasse sur le trottoir

Genre tu ne nous vois qu’à peine

 

Tu ne devrais pas faire comme si

Les flics blancs n’existaient pas

parce que nous dans le noir on ne voit que toi

et je dois avouer que tu nous fais bien monter la haine

 

Tu vois tu ne respectes rien

même pas les règles sanitaires

Nous voilà déjà sur toi

un gant noir bloquant le pêne

 

Quelque chose à nous cacher

On s’introduit sans demander

Théo pourrait t’en parler

L’humour gore quoi ça te gêne

 

Tu ne comprends pas

Tu as peur de nous de moi

Tu nous résistes et du coup tu mérites

tous les coups qui un à un s’enchaînent

 

Sale nègre

Tu nous prends pour des voyous

nous les officiers du genou

dans tes grosses lèvres qui saignent

 

Sale nègre

On est là pour la justice

pas la noble, l’expéditrice

La soumission elle t’enseigne

 

Sale nègre

Tu nous traites de racistes

Mais sur ta vidéo traîtresse et délatrice

on entend rien d’autre que le silence de la mort qui règne

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11 décembre 2020

- La peau de la Liberté (hommage à Samuel Paty) -

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La peau du cou douce

Où la mère, la fiancée, la femme, l’amante, la compagne

Aura déposé ses espoirs fous, ses baisers, ses mots doux, ses morsures, ses élans

 

La peau du cou chaude

Ensoleillée et tendre comme une clairière

Avec une cabane où nicher à peine un visage d’enfant,

Un câlin et un fou-rire

 

La peau rose de lait

Comme elle aurait pu être aussi basanée, noire, de sienne ou ambrée et pourtant

Portant en elle le métissage du genre humain tout entier

Nés ici ou ailleurs 

Dans d’autres hémisphères 

Par d’autres latitudes

Sous d’autres servitudes

 

La peau du cou nue

De toute médaille

De tout préjugé, de toute croyance et de ses intolérables intolérances

La peau pure de l’espérance

 

La peau du cou fine

Et sans défense

Où la main intranquille tenant le rasoir

Devant le miroir ce matin là

Fit la toute première entaille

 

Mince ridelle écarlate rebelle et prémonitoire

Comme un dernier pied de nez à la destinée

Comme un ultime sursaut vital ouvrant 

Le bal de la Liberté

 

La Liberté de dire

La Liberté de partager

La Liberté de rire et celle de blasphémer

La Liberté d’enseigner aux esprits neufs la Liberté

 

La Liberté de vivre et aussi celle d’aimer

 

La Liberté de mourir en être digne et libre

Hurlant à gorge déployée

Que personne n’aura jamais la peau de la Liberté

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28 juin 2020

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- Le martin pêcheur -

 

Près de la gare d’eau

les cheveux emmêlés à la frondaison

le vent 

vous écoute parler sur ce banc 

à l’ombre du châtaignier

de tes problèmes de relation aux autres

 

Tu verras au-delà du canal

une tâche orange

sur son perchoir de verdure

guettant entre chaque souffle

l’opportunité de foudroyer d’azur

le cœur profond et jaune des nénuphars

aux alevins d’argent

stupéfiés

 

Crédit photo: Philippe Delafosse

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09 avril 2020

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- Le Cap -

 

Comme les poussières du temps

au vent

de mes souvenirs

volent

vers Maïre

 

un jour

mes propres cendres

iront au vent

de la Baie des singes

rejoindre Maïre

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28 mars 2020

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- Avant la déferlante -

 

Face à la mer

d’incurie sur nos yeux pâles

d’angoisse à nos fronts blêmes

il ne nous reste plus

que le confinement mental

 

Sur la plage in-hospitalière

seul

chacun de nous attend

un coquillage sur le cœur

et la houle au ventre

la grande vague

en espérant

désespérément

s'être trompé

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01 février 2020

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PO

  (à Christophe Tarkos)

PO-É-SIE                                       


La poésie révèle 

en chacun de nous

l’épiderme sensible

de la vie

 

Sous ses mains

la peau-de-vie tremble 

tout autour

d’émotions pilo-érectiles

 

PEAU-ET-VIE

 

Sous la peau de la vie

dort, bat et coulent

la chair, le cœur et les veines

des En-vie

Nous

les vivants

 

P(R)O-(PH)ÈTE

 

Le poète prophétise nos vies

peaux d’âme 

peaux de chagrin

peaux de tambour

inentendues, inécoutées, inaudibles

sous lesquelles

se contractent, s’impulsent et résonnent

bruyamment 

le rouge et le bleu

de nos envies

 

PEAU-AIME

 

Sur sa peau

le poète grave son poème

et il nous montre comment

trier le bon grain de l’ivresse

de vivre

 

PO-È-TE-RIE

 

Le poète rit aussi

Il rit de tout

il rit de rien

et c’est déjà beaucoup

 

Il rit de son manque de pot

de sa déveine

de sa pauvre vie

 

Il s’en fout

lui il vit

à fleur de peau

FLEUR-DE-PO-ÈTE

 

Le poète 

vit

de fleurs de mots

d’amour

et de peau fraîche

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08 janvier 2020

Grand-halte à la Source

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Dès le petit matin, Jeanne et moi. Ici.

Tout est assourdissant. Les martinets noirs, qui titubent et hurlent dans les ruelles, comme une garnison d’italiens ; la Sorgue, encore grisée par sa nuit qui chavire sous les ponts la ville entre ses bras ; les rossignols carabins qui se disputent en chemin la primauté du tumulte.

Tout est étourdissant. La verdure, prégnante, qui monte en sève fraîche de la rivière chlorophylle comme une transfusion d’algues et de nénuphars à la cime des arbres ; la Nature, puissante, qui partout éjacule, exulte et éventre la terre, vibrante sous mes pieds ; le soleil d’azur, vertigineux, qui pique de la Tour du château de Cavaillon dans les cascades de rochers.

Au bout de ce val clos, on exhume soudain ce silence, étrange comme la mort, incisé seulement par les ailes et les cris de sinistres choucas dépeçant des trous de falaise, et deux arbres décharnés, ancrés au sol aride par des squelettes de racines inhalant la poussière.

Il faut continuer à disséquer plus avant pour voir surgir l’inespéré. Au fond de la noirceur thoracique du gouffre, repose un précieux cœur d’émeraude. Et toute la vie est là, patiente, limpide et belle au creux même de ma sorgue. Et tout ton Amour est là, réel, vert et battant, à même notre Sorgue. Ma résurgence mentholée.

De la Provence à l’Est, j’emporte dans mon carrosse, piégés au toit ouvrant, le souvenir de la chanson bleue des cigales et le parfum de fièvre des deux corps enlacés d’une fleur de lavande et de troène.

Ressourcé de son amour, je remonte à l’essence de ma mission. Chevalier Hospitalier.

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28 décembre 2019

Consomption 2

 

Aux tréfonds

 

Il faut être descendu aux tréfonds de la Tour pour comprendre la pierre, la vocation, la compassion, le sacrifice, la désillusion, l’amer, le sang, la blessure, la fracture, le défi, la souffrance, la finitude, la peur, la solitude, le désespoir, la nuit, l’angoisse, l’insomnie, l’épuisement, la glace, le dévouement, l’iceberg, le noir, le froid, la lame, l’entaille, la chair, l’aiguille, le fil, le feu, la perte de sens, l’absence de repères, le lâcher prise, la déraison, le raptus, le suicide, la carrosserie, le camion, le fossé, l’arbre, l’impact. La mort. 

L’eau. 

Descendre inéluctablement aux tréfonds de la Tour comme une pierre. Grise. Froide. Funeste. Fugace.

Propulsé entre les icebergs de cet océan de glace. Blanc. Gelé. Aseptisé. Déshumanisé. 

Torturé par la masse de la Tour, le sang explosant aux tympans. Carmin. Tiède. Palpitant. Vivant.

Se sentir défaillir. Céder enfin. Espérer dans ses veines le feu. Doré. Brûlant. Apaisant. Irradiant. 

Toucher le fond. 

S’allonger ou rebondir.

Comme si il était seulement encore possible de choisir la vie.

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23 décembre 2019

Psaume VIII - « Loup blessé mord encore le couteau qui le saigne. »

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(Extrait de la Vierge au Loup - Aethalides 2019)

Celle-là                              la jolie

la pure

la douce

parvenir à l’approcher

lui parler

la toucher

Tout partager

 

La surprendre au petit matin

esseulée                            à l’arrêt de bus

sous sa capuche                                                         rouge

dans la brume blafarde

 

Comme un soleil levant                      

embrasant                                            

le décor                                      blanc

de l’hiver

 

Mon sang qui bouillonne                sans fin 

prisonnier des corps caverneux                       nuée de papillons furieux

 

et mes mains torturées

dans les poches

refermant rageusement

leurs doigts                                sur la lame des couteaux

           

Cœurs pourpres

au blue-jean de mes onze ans                                Minotaure en embuscade

 

Au soir même                                               une Vierge endiablée

les aveux                                une chambre                                    une chaise 

                                                                        de question                                     

 

Premier amour                 Première trahison                      Dernier péché

 

Disparaître opportunément

du paysage

comme un pestiféré

probablement

englouti

par un de ces ogres de la plaine                     

les profonds marécages de Somme

 

Peu recherché

Jamais trouvé

Pas enterré

Jamais pleuré

 

Tombeau de vase             Tombereaux du temps               Fosse des oubliés

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L’homme et l’enfant

L'homme et l'enfant

Ils voulaient rejoindre loin là-bas

une autre rive 
celle d’un Eldorado
pour elle 
sa fillette

Alors il la prise sous son aile
un tee-shirt
de simple Mexicanos
qu’il est
qu’ils étaient

Ils se sont lancés
courageux
au travers
du courant boueux

Surtout ne pas
la perdre
la fluette au flot du fleuve

Nager et nager

encore
et encore

Ne pas la laisser 
glisser
ne pas flancher
ne pas sombrer
ne pas

Puis
arrimés à la bouée
percée 
de leur désespoir
puis 
repoussés vers les eaux profondes
par les chiens haineux
des gardes frontières
épuisés par leur sort
ils ont finis par partir
ensemble à jamais

Ils ne se sont jamais perdus

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Pour chaque réfugié
noyé
au flux et au reflux
des eaux troubles
de notre pauvre Monde
c’est aussi un peu de notre humanité
qui va

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Il y a tellement de mois en moi,

mon Amour,

qu’il te faudrait plusieurs milliers d’années

pour découvrir toutes les facettes

de mon âme, de mon corps

et de mon sexprit…

 

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Chasseuse

chassée 

le futile destin 

de l’araignée.

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